Les paroles laissent des traces. Surtout ce jour où on m’a conseillé : d’arrêter de créer.

Les paroles restent..

Les paroles laissent des traces. Surtout ce jour où on m’a conseillé : d’arrêter de créer.
Oui, d’arrêter.

C’était en 2008, lors de ma toute première exposition. C’était la première fois que j’osais montrer mon travail dans une maison de quartier, un lieu volontairement accessible à un large public. J’avais laissé quelques cartes de visite, mon book de l’époque et un livre d’or.

Et, un soir, pendant la première semaine d’exposition, je reçois un appel. Une voix d’homme. Calmement, Il me dit qu’il vaudrait mieux que j’arrête l’art, que je gâchais du matériel, qu’il fallait arrêter les frais. Je suis restée interloquée. À l’époque, je n’avais ni le recul, ni la confiance pour répondre. Dans sa tête, il pensait sûrement bien faire. Et, c’était sans doute sa vision de l’art.

Plus de 15 ans ont passé. Pourtant, ces paroles me reviennent encore parfois. Notamment dans les périodes compliquées : quand les ventes se font rares et que les recherches de lieux d’exposition n’aboutissent pas.

Finalement, ces paroles me mettent encore en colère : parce qu’une pratique artistique — qu’elle soit amateur ou professionnelle ne devrait jamais être étouffée ou dénigrée. Créer ne demande ni validation, ni droit. Créer est un acte de liberté et un moyen d’être au monde. Créer n’est pas une question de dons, de compétences ou de moyens financiers : l’art n’a pas besoin de jugement de valeur pour exister.

L’art peut être un besoin.
Un moyen d’expression.
Une énergie qui circule et qui se transmet.

Je ne connais aucun créateur ou créatrice affirmant produire des chefs-d’œuvre (Seul le génie de Dali pouvait se le permettre). Chacun a sa manière de faire de l’art. Chacun a sa manière de le regarder. Je ne me victimise pas. Je ne refuse pas non plus les critiques (constructives). Je suis la première à juger mon travail et ses défauts. C’est une des raisons pour lesquelles je continue : pour l’améliorer.

Au fond, les paroles laissent des traces. Les écrits, eux, restent : mon livre d’or, par exemple, a conservé des mots qui, encore aujourd’hui, me redonnent de l’élan. Et puis, il y a tous ces messages encourageants, virtuels et/ou réels que je reçois.

De cette première exposition, il me reste le souvenir d’un reportage tourné par LMTV dans lequel Henri Boillot m’a interviewé. Il y aurait quelques critiques à faire mais c’est une autre époque, une autre histoire et toujours un cheminement qui suit son cours.

Je terminerai par cette citation en guise de mémo dans les moments de doutes car au fond : être critiqué, c’est exister un peu… non ?

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